Lamartine : vie, œuvres et engagement politique

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Lamartine : entre poésie, foi et engagement politique

Le poème s'inspire de l'avis de l'abbé Dumont, qui avait été son instituteur. La vie de l'abbé lui fournit la trame de ces vers (fiction qui se mêle au réel). Le héros est un curé de village qui a dû s'enfuir pour échapper à la Révolution et se cacher dans une grotte des Alpes. Il y accueille une jeune proscrite, Laurence, pour laquelle il éprouve une grande passion, mais il s'écarte d'elle parce qu'il est religieux. Au cours des années, il est appelé auprès d'une mourante, Laurence. Il l'ensevelit dans la même grotte où il l'a connue, et sa passion humaine s'était éveillée.

Une poésie entre nature, lyrisme et pathétique

On trouve les descriptions de la nature comme dans les poèmes des Méditations, ainsi que les élans de l'âme, des élans mystiques. Certains motifs rappellent le lyrisme de Rousseau, et des scènes pathétiques font penser à Chateaubriand. Cette vaste épopée obtient un grand succès, et l'auteur est reconnu comme le poète du peuple.

Des œuvres au succès contrasté

En 1838, il écrit La Chute d'un ange, poème biblique qui raconte les amours d'un ange et d'une humaine. Ces poèmes n'ont pas le même succès. Enfin, il publie un dernier recueil, Les Recueillements poétiques, qui constitue un échec : trop de langueur, trop de hâte dans l'écriture. La beauté des descriptions de la nature alterne avec des tableaux cruels et orientaux que le public n'arrive pas à comprendre ; personne ne se retrouve dans la violence des images ni dans le caractère du héros.

Une préoccupation constante

Trois thèmes traversent son œuvre : la nature, la question sociale et l'expression des sentiments, auxquels s'ajoute la question de la foi : toute réconciliation de l'être passe par la foi. Cette inquiétude vient de son adolescence : il traverse une crise de foi et son sentiment religieux vacille. Adulte, lors d'un voyage en Orient, il apprend la mort de sa fille. Il commence alors à se méfier de la religion et aspire à une religion rationnelle. Au fil des années, sa conception religieuse se rapproche du déisme, à la manière de Rousseau : reconnaissance d'une force puissante qui a créé la nature, mais qui n'est pas le Dieu de la religion catholique.

Un engagement politique

Il exerce plusieurs postes de diplomate, mais, dans ce siècle très bouleversé, il est déçu par la politique. Il finit par adopter des idées proches de la gauche, bien qu'il soit noble et qu'il ait bénéficié de la protection royale. Il considère que le poète doit guider le peuple en s'inspirant des idées du XVIIIe siècle. Lorsque survient la Révolution de 1848, il est le chef de file de l'opposition à Louis-Philippe. Les résultats de l'élection présidentielle mettent finalement fin à sa carrière politique, avec le coup d'État de Napoléon III.

Les dernières années

Dans sa vieillesse, il continue à écrire, mais dans des conditions précaires : son goût du luxe l'a conduit à contracter des dettes. Il doit écrire pour payer ses créanciers. Il rédige deux œuvres dont le contenu surprend (sur la Turquie et sur la Russie, à portée biographique). Il consigne ses souvenirs politiques dans L'Histoire de la Révolution de 1848 et dans Mémoires politiques (1863).

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