Paul Éluard : vie et œuvre poétique
En 1937 voit le jour le poème « La victoire de Guernica », où il exprime sa solidarité avec le peuple espagnol, alors engagé dans une terrible guerre civile.
Porte-parole des communistes, il donne des conférences dans toute l’Europe, et toutes ses idées se retrouvent dans « Poésies ininterrompues I » (1946). Ce bonheur cesse brutalement à la mort de Nusch, ce qui le marquera et le mènera au bord de la folie et du suicide. Mais ses amis l’aident, et il rencontre Dominique Laure, sa dernière compagne, qui l’aide à surmonter sa douleur. Éluard meurt en 1952 à cause d’une crise cardiaque.
Un surréalisme personnel
Même si Éluard appartient au mouvement surréaliste, il a su extraire un surréalisme personnel, insolite, élégant, raffiné, jusqu’à la préciosité (c’est la recherche du raffinement du langage). Sa poésie du merveilleux sentimental et sexuel mêle la vision érotique à l’onirisme.
Il y a un passage du rêve à la réalité, et il se fait sans rupture, car pour lui tout est réalité. Le temps qu’il vit devient un stimulant, une incitation à une vision plus large où les femmes, les paysages et les enfants qu’il décrit prennent une portée universelle : celle de l’hymne à la vie.
Les recueils de l’après-guerre
Dans « Poème politique » (1948), il écrit en prose et en vers et confie sa révolte et ses colères. Il s’adresse à Nusch, qui vient de mourir, et trace un portrait de l’amour défunt (description de son enfer personnel). On trouve une autre tonalité : ses préoccupations politiques.
La rencontre de Dominique Laure lui inspire une série de vers dans le recueil « Le Phénix » (1951), qui montre la renaissance du couple et la renaissance de la poésie amoureuse. C’est le livre de la joie d’aimer, de la foi en la durée et la fécondité de l’amour.
Dans « Poésies ininterrompues II » (1953), publié après sa mort, il nous montre qu’Éluard a été fidèle à lui-même. Son œuvre, très riche et très variée, se termine par un chant d’amour.
Une poésie de la pureté
Sa poésie se caractérise par sa pureté (comme une eau pure), celle de la femme, celle du diamant. Poète de l’amour et de la connaissance, il est en quelque sorte synonyme de poésie, car le mot amour touche le mot poésie.
C’est une poésie d’une exceptionnelle transparence, où il livre un sentiment aigu de limpidité. Dans l’univers sensible, le poète retient les éléments les plus naturels et les plus essentiels : l’eau, le feu, le vent, la lumière, le ciel et les arbres.
Un élargissement du lyrisme
Dans « La courbe de tes yeux », on voit un élargissement du lyrisme. Cette poésie s’ouvre à la matérialité du monde.
Dans le célèbre poème « Liberté » (publié dans la clandestinité de la Résistance), qui appartient au recueil « Poésie et Vérité », on voit le désir de liberté : liberté d’idée, liberté politique. On y voit une allusion à la situation politique et à la guerre. Ce poème-collage est un classique de la poésie engagée. Le collage est réalisé par Fernand Léger.
L’engagement politique
L’engagement politique marque toute son œuvre à partir de 1936, mais ce n’est pas une rupture avec la poésie amoureuse. Il passe de l’amour à la fraternité qui lie tous les hommes. Pour Éluard, la poésie n’était pas un objet d’art, mais « un objet utilitaire qui a pour but la vérité pratique ».
Thèmes majeurs de l’œuvre
Le thème dominant de l’œuvre d’Éluard est l’amour, mais l’amour est aussi une ouverture à la vie, c’est-à-dire à l’univers conçu comme une réalité sensible. Tout est pour lui un objet de sensation et de sentiment.